jeudi 26 septembre 2013

faudrait, han

Faudrait ben que j'écrive ici bientôt han ? Parler de Momo l'ingénieur - photographe, non, le maître-ingénieur slash photographe qui travaille chez Future Shop et qui DRAGUE furieusement la fille qui s'en allait juste s'acheter un disque dur dans ce foutu magasin plein de fils et plein de bruits duquel elle voulait sortir rapidement.
Parler de quoi d'autre. Parler de l'éboueur (éboueur c'est plus poli) qui a traîné un sac plein de résidus de rénovations sur le capot de mon char en y laissant plein de belles petites grafignes blanches, ce matin. Je l'ai même vu faire. Pour moi tout le monde avait trop bu de Red Bull avant de partir. Le chauffeur du truck, le gars qui ramassait les affaires de bien minable façon, bref.  Ça.
Parler de mon chat qui vient au dépanneur avec moi, qui s'arrête juste avant Beaubien et qui miaule sa vie jusqu'à temps que je revienne.

Parler de mon fils qui rit avec moi, qui comprend de plus en plus mes blagues tellllllement subtiles, qui parle de musique, qui parle de pèche et de mathématiques comme s'il avait inventé ces deux choses là.
Pis parler de mon coeur brisé ? Naaaaa.
Parler de mes amis qui me lovent encore toujours tout autant, malgré que je me suis faite sauvage depuis que je me suis faite échaudée, en juin dernier. Mon coeur brisé. Pas tant parce que j'étais en amour (je sais pas, jusqu'à ce jour, si je l'étais) - surtout déçue. Déçue de m'être faite enfarinée. Puis cracher dans le visage en fin de compte. Ben mal pris ça. Pis, finalement, c'était pas juste poche, c'est sur. Un peu de respect !
Mais bon. À chaque jour suffit sa chose. Pis je ris quand même. Pis je me dis une chance que chus drôle, une chance que chus drôle parce que je me sauve la vie.
Pis je l'adore, la vie. Quand-même.
Juste eu un peu de sable dans l'engrenage au début de l'été, pis les quelques mois avant. Ça m'a cassée, comme. Mais je va m'orcoller. J'm'orcolle déjà en masse.
Je vis, je ris, c'est déjà bon.

bon ben voilà. J'ai parlé.
bonne nuit.
J'ai pris la première photo du bord, sur mon bureau. Drôle han. c'est où je travaillais avant, à Quwébec.

jeudi 29 novembre 2012

Montréal

(écrit le 7 mai 2012, alors que le printemps printannait)

Aujourd'hui le soleil
Demain la pluie.
Qu'y disent.

Hier dehors, devant toutes ses choses.
une rencontre, comme.
chanter n'importe quoi, dedans, avec lui comme choriste participant

Dehors j'ai senti, vu l'Afrique au coin de la ruelle, en haut. Fumée délicieuse.
Toujours regarder en haut
la beauté
Personne d'autre ne m'a vue, ne l'a vue. Cadeau pour moi.
Toutes ces choses que je vois, les barrières sont rares,
parfois tout m'est transparent, translucide, comme autant de calques superposés.
parfois écrans de fumée

Avant hier dehors, en-dessous de si beaux nuages
aller capter, capter
Le soleil et l'Espagne sur la table du balcon comme récompense de fin de journée
faire et défaire les cadavres exquis de la vie avec mon amie
boire des vins
et la nuit à cheval sur la rébellion d'une fille de mauvaise vie (si peu)
Avec lui, ces jolis moments
déguisés en cheveux sur les soupes qui n'en sont pas
capter, capter
le calme heureux
voire simpliste
de rien du tout
de ça
ça
sous la pelisse
la peau lisse d'eau douce

La veille, havrer dans mon petit havre que j'aime tant visiter
encore et encore, là où je me trouve avec des mains sur mes cheveux
juste pour toé beubé.
on se voit tantôt, demain, dans deux mois comme si c'était hier
Toujours
toujours le présent
délice rime avec hélices

Aller-retour
Aller-retours
Allez ! Retour !

Revenir, être, rouler, être une roue, rouler, vivre.

Puis un jour, bientôt, demain, dans deux mois, rester un peu.

Voici la pieuv' que l'hiver est là

Longtemps que j'ai écrit ici.
Je dois bien avoir quelque chose à dire.
Longtemps que j'ai écrit pour la peine, tout court. Pour la peine pour la joie !
Les flocons floconnent, et me voici donc sous un nouveau ciel, me dis-je depuis 2 jours.
Montréal, Montréal.
Je ne m'ennuie pas de Québec. Oh, un peu de ses rues feutrées de neige de décor de cinéma du quartier St-Jean-Baptiste, un peu de mes chères rues de St-Sauveur. Un peu de mon chinois en vélo, mais sinon, je suis ici.
Je ne m'ennuie de rien.
Je suis ici et la neige tombe devant mes pupilles sous un nouveau décor. Comme si le décor prenait encore une autre couche de vie, l'inconnu devient connu un peu plus. Premières neiges, premières neiges au dix-huit-cinquante-trois.
Me voici catapultée ailleurs, comme si je venais de m'en rendre compte...
Ou comme si j'en prenais conscience encore une fois, différemment.
Je m'incruste !
Faut dire que l'été et sa grouillance de poisson dans l'eau ont adoucit ma baignade dans ces nouvelles eaux. Tombée ici comme une saumonnette qui remonte le courant et se retrouve ailleurs dans un même fleuve, plus loin, près d'un stade !
Puis le tourbillon d'la vie, les amis enfin proches, les nouveaux amis, le bougeage en campagne, l'amour tout autour, le ci, le ça. Pas eu trop de le temps de renifler la nouvelle vie, du moins pas pris trop le temps de m'ouvrir les pores au nouveau. J'ai juste continué à marcher. Et j'ai marché ! Marché vite, marché lentement, et surtout le pied léger. L'été est passé comme une saison, comme d'habitude. Celle à laquelle on voudrait tant s'accrocher, celle qu'on ne veut pas qu'elle nous abandonne dans le froid.
Puis après le froid est arrivé (très doucement, je dois dire) et j'étais contente de retrouver un peu de silence qui souffle entre les arbres.
Puis un autre cheveu sur la soupe, une sorte d'ange (même si je trouve ça kétaine à mourir, les anges), un bel ami plein de couleurs que j'ai aimé tout de suite, que je n'attendais pas et dont j'ai eu besoin, est apparu. Carrément apparu. Rondement, même !
Je me suis dit que la vie écoute tout le temps, la vie prend soin de moi, vraiment.
Tant qu'à parler d'anges, autant me vautrer dans le kétaine comme il faut !

Je me dis que c'est parce que je donne, parce que j'aime, parce que je prends soin de faire des pirouettes de fantaisie, que je reçois tant. Bien au-delà qu'un ami sur qui s'accoter, bien au-delà des bras qui me bercent quand je tends vers eux, c'est toute la vie qui me fait une chorale. Et j'y participe.
À pieds joints et pour toujours. Bon.






jeudi 18 octobre 2012

automne

Frisson d'automne arrive avec son soleil d'or et les cris des outardes. Je me tiens les mains entre les cuisses pour les réchauffer entre 2 clapottis de clavier. J'ai pas envie de partir le chauffage encore, wo.
Me reviennent des relents de poêle à bois, encore et toujours et j'espère qu'ils reviendront pour toujours. Presque encore le réflexe d'avoir envie d'aller mettre une buche dans le poêle. Une de ces buches que j'aurai pitchées une à une dans la cave jusqu'à ce que je ne puisse presque plus passer, puis cordé le tas pour faire de la place pour le prochain pitchage. La corvée qui dure une couple de jours. Le froid, le frette, l'odeur du bois de chauffage, parfois champignonneux quand on est moins chanceux. Le nez qui coule un peu, m'essuyer avec le revers de ma manche, puis monter-descendre, monter-descendre et refroidir toute la maison par la trappe de la cave ouverte, et la porte qui ouvre-ferme sans cesse. Les joies du bonheur des souvenirs nostalgiques de ma vie d'avant.
Tout le monde y était. Tout le monde en même temps de mes amis de campagne rentrait son bois. Une autre de ces tâches obligatoires dont on ne réalisait peut-être pas tout à fait la chance de la savourer.
Généralement, je n'aime pas la nostalgie. En fait, je n'aime pas les regrets et les manques. La nostalgie ça peut toujours passer, parce que la nostalgie c'est ouateux et rose. Ça n'engage pas vraiment à rien de plus que de se fouiller la cervelle et le coeur à la recherche de sensations aimées et perdues.
Mais le regret et le manque, bien que parfois je dusse (dusse?) me plier à les vivre, parce que moi aussi je suis humaine, je les aime pas. Faut pas trop regarder les regrets. Bon, 5 minutes, oui, mais assez vite, faut transformer ça en d'autre chose. En futur, en projets, ou bedon en "j'ai fait autre chose, c'est correct, la-vie-s'en-est-chargé etc."
Faut juste au moins être heureux d'où on est, ce qu'on fait.
J'ai rien contre le passé, mais j'aime mieux le présent.
Le manque, même chose.

lundi 14 mai 2012

le temps et rien d'autre


Connaitre quelqu'un, une nouvelle personne, homme ou femme, dans mon cas plus souvent homme, mais aussi femme, peu importe.  Je parle d'amis, d'amours. Invariablement, ça prend du TEMPS. Quand c'est vierge vierge, nouveau nouveau, la relation, ça prend du temps. Surtout quand il n'y a pas de témoins autour pour nous aiguiller. C'est comme faire deux cercles se rencontrer. Il y a du contenu dans les cercles, et déjà beaucoup. Des générations de contenus, des tribus complètes d'amis, de familles, de villages. Des paysages en entier, des géographies arpentées. De part et d'autre, respectivement et respectueusement. 
Faut donc prendre une portion de la ligne continue des cercles respectifs et la transformer en pointillé pour laisser entrer l'autre de temps en temps, comme on laisse entrer le soleil par la fenêtre. 

Je disais "C'est pas en tirant sur l'herbe qu'à va pousser", pis j'essayais de me croire. Mais je ne me croyais pas réellement. Je me leurrais de croire. Même cette idée, cette phrase, faut pas tirer dessus pour la comprendre. Les choses viennent d'elles mêmes. Sans cesse des bonds vers le futur pour composer le présent avec du passé. À quel temps suis-je ? Au passé décomposé ? Au futur imparfait ? Au présent qui se situe quelque part par là, dans cette géographie-là. 

Mon cercle est parfois bulle où je flotte, regardant le monde qui m'entoure comme une vanité et voyant le chemin à côté duquel on passe tous. À d'autres moments, je suis une vapeur rose d'amour qui vogue entre les corps éteints et moins éteints. 

Parfois je vais jusqu'à dire que je ne suis pas ici pour les mêmes raisons que vous. Parfois je vais jusqu'à dire que je suis ici pour les mêmes raisons que vous.

Passer le temps.


vendredi 20 avril 2012

origines bénies

Mes yeux noirs foncés ce matin, la patience est encore restée au chaud dans mon lit. Mais je ne dis rien, je me ferme plutôt que de rouspéter. Mes rêves sont encore dans mes yeux bouffis, dans les poches juste en dessous. Je vois la vie, les humains, encore avec ces yeux. Pas réveillée, malgré le café que j'ai presque tout bu. Le lunch dans la boîte, les sacs dans l'auto, le fiston à peu près prêt pour sa journée, et mon corps sur le pilote automatique. Les mêmes rues, le même trajet de tous les jours, pendant que ma tête rêve encore dans mon lit, couchée en cuiller avec ma patience de tantôt.
J'ai vu cet adolescent innu, inuit, esquimau, habillé en citadin avec sa casquette de yo et son manteau normal d'adolescent. Je l'ai projeté dans le temps, dans la neige avec son manteau de peau et son grand capuchon de poil, le temps de le regarder traverser, le dos courbé par ses ancêtres et la lèvre pendante de sommeil, lui aussi. Traversé St-Sauveur et ses merveilles populaires à chaque pouce carré.
Monté la côte Salaberry, je n'en ai que peu de souvenirs. Encore couchée trop tard, avec les idées qui me foisonnaient en sursaut, juste avant le sommeil. Rallumer la lumière 2 fois pour les noter. Enfin les idées viennent, encore quand c'est pas trop le moment.

Lumière rouge dans St-Jean-Baptiste, tout près de l'école. Je vois cette incroyable beauté de jeune fille, celle que je vois presque à tous les matins depuis 5 ans. Je l'ai vue grandir. Je me dis qu'elle vient de la Mongolie. Quand je ne sais pas, j'invente. Je l'habille avec des tissus colorés, brodés de traditions. Et ce matin, devenue une adolescente de 16 ans, elle a un manteau de cuir noir et des bottes pour aller avec. Ses longs cheveux noirs et son visage parfait sont comme un mystère qui marche. Elle continue de me fasciner.

Je croise le regard d'un homme à la peau basanée, petit, avec une moustache bien noire. Je me demande d'où il vient. Il pourrait venir de 20 endroits différents. Philippines, Amérique du Sud, Amérique Centrale, Mexique. Je ne devine pas. Trop endormie. Nos regards se regardent un moment. J'aime ça. J'aime quand les yeux arrivent à se parler. Ça demeure quelque chose de rare, dans z'bas monde en ville.
Mes yeux sont si bouffis, que j'ai l'impression de le regarder par deux craques. J'ai des yeux d'innu, d'inuit, d'esquimaue, de mongole (héhé) et des yeux de Philippinoise, pis quoi encore. Tout ça. Avec des rêves qui continuent de rêver dans leurs poches à yeux.

J'avance dans les rues avec tout ça qui s'écrit dans ma tête. Je vais vers mes mots, je sens que je vais au moins me ruer un peu ici avant d'aller me recoucher.

Je pense au film muet qui passe sur ma vie. Cette bénédiction précieuse. D'où viens tu ? Tes origines, c'est quoi. J'ai comme seule question celle-là qui persiste. Mais non, je ne la dirai pas. Et surtout, ne me réponds pas, ne brise pas ce silence qu'on partage. Je ne veux rien savoir. Je veux mais je ne veux pas. C'est un rêve, un film. Ne brise pas mon rêve, ne dis rien. Wong Kar Wai nous accompagne. Je t'invente un pays à chaque fois. C'est parfait, tout est parfait. Ne réponds pas, nous ne sommes pas là pour parler. C'était la promesse et elle tient toujours. Laisse moi t'inventer des ancêtres. Vietnam, Chine, Japon (impossible), Philippines encore, Laos, je ne sais plus mon Asie. J'en perds mon lapin.

Mon lit m'appelle, je retourne finir ce que j'ai commencé, ce qui s'est terminé brutalement au son de mon réveil qui n'arrêtait pas de me faire jouer la mélodie de Love Tastes like Strawberries de Miriam Makeba, comme à tous les matins. Je lui ai dit plusieurs fois de s'arrêter, mais. L'obligation.

J'ai fait un smoothies aux bleuets pour Fiston ce matin. Failli m'endormir sur la switch du blender, c'est dire si rien au monde n'aurait pu me tirer le sommeil du corps.




mercredi 18 avril 2012

t'es trop optémisss, qu'elle me disait

J'ai ma tête qui runne comme une shop de mots, d'idées, pis de je sais pas trop quoi.
Comme une sorte de volcan tranquille qui fait mine de dormir, en dehors.
La vie me rattrape, je suis sortie du cachot depuis quelques jours. C'est comme si tous ces mots, toutes ces fantaisies, ces idées que je n'avais pas le temps de penser, because la job alimentaire qui primait, me couraient constamment après depuis quelques jours. Même quand je dors, ça n'arrête pas. Presque pas l'impression de dormir.
Ça doit être une affaire de lune, aussi. Tsé moi pis la lune.
En plus j'ai de la misère à rester sur une idée plus que 30 secondes. J'oublie, ça fait des trous. Ça pourrait me faire peur. Mais je me dis que c'est le trop plein qui jute de partout. Je laisse passer, je laisse aller, je dépose autant de mots que je suis capable d'aligner en une claque, puis le reste, je me dis que ça trouvera bien une autre place ammadné.
Je guette la charrette par la fenêtre. Les sabots m'apaisent. Des p'tites choses m'apaisent. Même le son du chat qui croque ses croquettes m'apaise.
Autant m'apaiser comme je peux.

Dans ma bulle, dans ma bulle. Ya toute une faune dans ma bulle. C'est certainement pas du p'tit savon cheap qui fait de la bulle de même.
Pis l'instinct écrit en grosses lettres, pis la luminosité sur toutes les pages que mes pas font, pis des fois j'ai l'impression de faire chier avec mon optimisme. Pis des fois je me fais chier moi-même avec des pacotilles !

Ze show musk go on, haine et ouais !

« Tu auras beau avoir tout le talent que tu veux, ça ne te remplira pas le ventre. Alors qu'avec beaucoup d'intuition, tu ne seras jamais dans le pétrin. » [Haruki Murakami, IQ84, p.123]



ça, pendant que la ville brûle, pendant que la vie brûle, pendant que le rouge voit rouge, mon coeur saigne par à-coups, ça pince en-dedans. Les jours sont tristes, puis s'illuminent au bout des doigts des humains qui bougent leurs poings en l'air. Heureusement. Témoins d'une bataille, acteurs dans tout, marcher.