Connaitre quelqu'un, une nouvelle personne, homme ou femme, dans mon cas plus souvent homme, mais aussi femme, peu importe. Je parle d'amis, d'amours. Invariablement, ça prend du TEMPS. Quand c'est vierge vierge, nouveau nouveau, la relation, ça prend du temps. Surtout quand il n'y a pas de témoins autour pour nous aiguiller. C'est comme faire deux cercles se rencontrer. Il y a du contenu dans les cercles, et déjà beaucoup. Des générations de contenus, des tribus complètes d'amis, de familles, de villages. Des paysages en entier, des géographies arpentées. De part et d'autre, respectivement et respectueusement.
Faut donc prendre une portion de la ligne continue des cercles respectifs et la transformer en pointillé pour laisser entrer l'autre de temps en temps, comme on laisse entrer le soleil par la fenêtre.
Je disais "C'est pas en tirant sur l'herbe qu'à va pousser", pis j'essayais de me croire. Mais je ne me croyais pas réellement. Je me leurrais de croire. Même cette idée, cette phrase, faut pas tirer dessus pour la comprendre. Les choses viennent d'elles mêmes. Sans cesse des bonds vers le futur pour composer le présent avec du passé. À quel temps suis-je ? Au passé décomposé ? Au futur imparfait ? Au présent qui se situe quelque part par là, dans cette géographie-là.
Mon cercle est parfois bulle où je flotte, regardant le monde qui m'entoure comme une vanité et voyant le chemin à côté duquel on passe tous. À d'autres moments, je suis une vapeur rose d'amour qui vogue entre les corps éteints et moins éteints.
Parfois je vais jusqu'à dire que je ne suis pas ici pour les mêmes raisons que vous. Parfois je vais jusqu'à dire que je suis ici pour les mêmes raisons que vous.
Passer le temps.
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