Mes yeux noirs foncés ce matin, la patience est encore restée au chaud dans mon lit. Mais je ne dis rien, je me ferme plutôt que de rouspéter. Mes rêves sont encore dans mes yeux bouffis, dans les poches juste en dessous. Je vois la vie, les humains, encore avec ces yeux. Pas réveillée, malgré le café que j'ai presque tout bu. Le lunch dans la boîte, les sacs dans l'auto, le fiston à peu près prêt pour sa journée, et mon corps sur le pilote automatique. Les mêmes rues, le même trajet de tous les jours, pendant que ma tête rêve encore dans mon lit, couchée en cuiller avec ma patience de tantôt.
J'ai vu cet adolescent innu, inuit, esquimau, habillé en citadin avec sa casquette de yo et son manteau normal d'adolescent. Je l'ai projeté dans le temps, dans la neige avec son manteau de peau et son grand capuchon de poil, le temps de le regarder traverser, le dos courbé par ses ancêtres et la lèvre pendante de sommeil, lui aussi. Traversé St-Sauveur et ses merveilles populaires à chaque pouce carré.
Monté la côte Salaberry, je n'en ai que peu de souvenirs. Encore couchée trop tard, avec les idées qui me foisonnaient en sursaut, juste avant le sommeil. Rallumer la lumière 2 fois pour les noter. Enfin les idées viennent, encore quand c'est pas trop le moment.
Lumière rouge dans St-Jean-Baptiste, tout près de l'école. Je vois cette incroyable beauté de jeune fille, celle que je vois presque à tous les matins depuis 5 ans. Je l'ai vue grandir. Je me dis qu'elle vient de la Mongolie. Quand je ne sais pas, j'invente. Je l'habille avec des tissus colorés, brodés de traditions. Et ce matin, devenue une adolescente de 16 ans, elle a un manteau de cuir noir et des bottes pour aller avec. Ses longs cheveux noirs et son visage parfait sont comme un mystère qui marche. Elle continue de me fasciner.
Je croise le regard d'un homme à la peau basanée, petit, avec une moustache bien noire. Je me demande d'où il vient. Il pourrait venir de 20 endroits différents. Philippines, Amérique du Sud, Amérique Centrale, Mexique. Je ne devine pas. Trop endormie. Nos regards se regardent un moment. J'aime ça. J'aime quand les yeux arrivent à se parler. Ça demeure quelque chose de rare, dans z'bas monde en ville.
Mes yeux sont si bouffis, que j'ai l'impression de le regarder par deux craques. J'ai des yeux d'innu, d'inuit, d'esquimaue, de mongole (héhé) et des yeux de Philippinoise, pis quoi encore. Tout ça. Avec des rêves qui continuent de rêver dans leurs poches à yeux.
J'avance dans les rues avec tout ça qui s'écrit dans ma tête. Je vais vers mes mots, je sens que je vais au moins me ruer un peu ici avant d'aller me recoucher.
Je pense au film muet qui passe sur ma vie. Cette bénédiction précieuse. D'où viens tu ? Tes origines, c'est quoi. J'ai comme seule question celle-là qui persiste. Mais non, je ne la dirai pas. Et surtout, ne me réponds pas, ne brise pas ce silence qu'on partage. Je ne veux rien savoir. Je veux mais je ne veux pas. C'est un rêve, un film. Ne brise pas mon rêve, ne dis rien. Wong Kar Wai nous accompagne. Je t'invente un pays à chaque fois. C'est parfait, tout est parfait. Ne réponds pas, nous ne sommes pas là pour parler. C'était la promesse et elle tient toujours. Laisse moi t'inventer des ancêtres. Vietnam, Chine, Japon (impossible), Philippines encore, Laos, je ne sais plus mon Asie. J'en perds mon lapin.
Mon lit m'appelle, je retourne finir ce que j'ai commencé, ce qui s'est terminé brutalement au son de mon réveil qui n'arrêtait pas de me faire jouer la mélodie de Love Tastes like Strawberries de Miriam Makeba, comme à tous les matins. Je lui ai dit plusieurs fois de s'arrêter, mais. L'obligation.
J'ai fait un smoothies aux bleuets pour Fiston ce matin. Failli m'endormir sur la switch du blender, c'est dire si rien au monde n'aurait pu me tirer le sommeil du corps.
vendredi 20 avril 2012
mercredi 18 avril 2012
t'es trop optémisss, qu'elle me disait
J'ai ma tête qui runne comme une shop de mots, d'idées, pis de je sais pas trop quoi.
Comme une sorte de volcan tranquille qui fait mine de dormir, en dehors.
La vie me rattrape, je suis sortie du cachot depuis quelques jours. C'est comme si tous ces mots, toutes ces fantaisies, ces idées que je n'avais pas le temps de penser, because la job alimentaire qui primait, me couraient constamment après depuis quelques jours. Même quand je dors, ça n'arrête pas. Presque pas l'impression de dormir.
Ça doit être une affaire de lune, aussi. Tsé moi pis la lune.
En plus j'ai de la misère à rester sur une idée plus que 30 secondes. J'oublie, ça fait des trous. Ça pourrait me faire peur. Mais je me dis que c'est le trop plein qui jute de partout. Je laisse passer, je laisse aller, je dépose autant de mots que je suis capable d'aligner en une claque, puis le reste, je me dis que ça trouvera bien une autre place ammadné.
Je guette la charrette par la fenêtre. Les sabots m'apaisent. Des p'tites choses m'apaisent. Même le son du chat qui croque ses croquettes m'apaise.
Autant m'apaiser comme je peux.
Dans ma bulle, dans ma bulle. Ya toute une faune dans ma bulle. C'est certainement pas du p'tit savon cheap qui fait de la bulle de même.
Pis l'instinct écrit en grosses lettres, pis la luminosité sur toutes les pages que mes pas font, pis des fois j'ai l'impression de faire chier avec mon optimisme. Pis des fois je me fais chier moi-même avec des pacotilles !
Ze show musk go on, haine et ouais !
ça, pendant que la ville brûle, pendant que la vie brûle, pendant que le rouge voit rouge, mon coeur saigne par à-coups, ça pince en-dedans. Les jours sont tristes, puis s'illuminent au bout des doigts des humains qui bougent leurs poings en l'air. Heureusement. Témoins d'une bataille, acteurs dans tout, marcher.
Comme une sorte de volcan tranquille qui fait mine de dormir, en dehors.
La vie me rattrape, je suis sortie du cachot depuis quelques jours. C'est comme si tous ces mots, toutes ces fantaisies, ces idées que je n'avais pas le temps de penser, because la job alimentaire qui primait, me couraient constamment après depuis quelques jours. Même quand je dors, ça n'arrête pas. Presque pas l'impression de dormir.
Ça doit être une affaire de lune, aussi. Tsé moi pis la lune.
En plus j'ai de la misère à rester sur une idée plus que 30 secondes. J'oublie, ça fait des trous. Ça pourrait me faire peur. Mais je me dis que c'est le trop plein qui jute de partout. Je laisse passer, je laisse aller, je dépose autant de mots que je suis capable d'aligner en une claque, puis le reste, je me dis que ça trouvera bien une autre place ammadné.
Je guette la charrette par la fenêtre. Les sabots m'apaisent. Des p'tites choses m'apaisent. Même le son du chat qui croque ses croquettes m'apaise.
Autant m'apaiser comme je peux.
Dans ma bulle, dans ma bulle. Ya toute une faune dans ma bulle. C'est certainement pas du p'tit savon cheap qui fait de la bulle de même.
Pis l'instinct écrit en grosses lettres, pis la luminosité sur toutes les pages que mes pas font, pis des fois j'ai l'impression de faire chier avec mon optimisme. Pis des fois je me fais chier moi-même avec des pacotilles !
Ze show musk go on, haine et ouais !
« Tu auras beau avoir tout le talent que tu veux, ça ne te remplira pas le ventre. Alors qu'avec beaucoup d'intuition, tu ne seras jamais dans le pétrin. » [Haruki Murakami, IQ84, p.123]
ça, pendant que la ville brûle, pendant que la vie brûle, pendant que le rouge voit rouge, mon coeur saigne par à-coups, ça pince en-dedans. Les jours sont tristes, puis s'illuminent au bout des doigts des humains qui bougent leurs poings en l'air. Heureusement. Témoins d'une bataille, acteurs dans tout, marcher.
vendredi 13 avril 2012
jasmin
ça sentait le jasmin
un vent nouveau qui souffle les rideaux
enfin le printemps.
Du piano
un film, encore.
Muet et parfait
rayon de soleil me sort de la rêverie des délices, presque
par la porte entrouverte par le chat
je suis chanceuse oui
plus que chanceuse
opportuniste joyeuse
juste bien
y'en a qui savent pas ce qu'y manquent.
y'en a qui attrapent ce qui ne se manque pas !
ça arrive
ou ça arrive pas.
je ne prétends surtout pas savoir comment...
...moi aussi, merci Joséphine !
un vent nouveau qui souffle les rideaux
enfin le printemps.
Du piano
un film, encore.
Muet et parfait
rayon de soleil me sort de la rêverie des délices, presque
par la porte entrouverte par le chat
je suis chanceuse oui
plus que chanceuse
opportuniste joyeuse
juste bien
y'en a qui savent pas ce qu'y manquent.
y'en a qui attrapent ce qui ne se manque pas !
ça arrive
ou ça arrive pas.
je ne prétends surtout pas savoir comment...
[ Mon rêve ressemble
à une paix
qui se bat
pour sa tranquilité. ]
Joséphine Bacon
...moi aussi, merci Joséphine !
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