Parler de quoi d'autre. Parler de l'éboueur (éboueur c'est plus poli) qui a traîné un sac plein de résidus de rénovations sur le capot de mon char en y laissant plein de belles petites grafignes blanches, ce matin. Je l'ai même vu faire. Pour moi tout le monde avait trop bu de Red Bull avant de partir. Le chauffeur du truck, le gars qui ramassait les affaires de bien minable façon, bref. Ça.
Parler de mon chat qui vient au dépanneur avec moi, qui s'arrête juste avant Beaubien et qui miaule sa vie jusqu'à temps que je revienne.
Parler de mon fils qui rit avec moi, qui comprend de plus en plus mes blagues tellllllement subtiles, qui parle de musique, qui parle de pèche et de mathématiques comme s'il avait inventé ces deux choses là.
Pis parler de mon coeur brisé ? Naaaaa.
Parler de mes amis qui me lovent encore toujours tout autant, malgré que je me suis faite sauvage depuis que je me suis faite échaudée, en juin dernier. Mon coeur brisé. Pas tant parce que j'étais en amour (je sais pas, jusqu'à ce jour, si je l'étais) - surtout déçue. Déçue de m'être faite enfarinée. Puis cracher dans le visage en fin de compte. Ben mal pris ça. Pis, finalement, c'était pas juste poche, c'est sur. Un peu de respect !
Mais bon. À chaque jour suffit sa chose. Pis je ris quand même. Pis je me dis une chance que chus drôle, une chance que chus drôle parce que je me sauve la vie.
Pis je l'adore, la vie. Quand-même.
Juste eu un peu de sable dans l'engrenage au début de l'été, pis les quelques mois avant. Ça m'a cassée, comme. Mais je va m'orcoller. J'm'orcolle déjà en masse.
Je vis, je ris, c'est déjà bon.
bon ben voilà. J'ai parlé.
bonne nuit.
J'ai pris la première photo du bord, sur mon bureau. Drôle han. c'est où je travaillais avant, à Quwébec.