Ya des zazous dans mon quartier.
Ce matin comme tous les matins de la semaine, j'accompagnais Mali à l'école. Ce matin en sortant dans le couloir on a croisé un bizardos, encore un de ceux-là dans ce bloc-là. Il m'a dit "Bonjour Madame" Alors j'ai répondu "Bonjour!" avec une chanson dans la voix, sans égard à son degré de bizardosserie, puisque je suis gentille et habituée, ici. Il a descendu le couloir en même temps que nous, vers l'ascenseur, et a regardé Mali. Il a viré de bord, et m'a regardé en face, marmonnant quelque chose comme "Il est beau votre fils, madame" (non mais le gars a mon âge, il est poli, quand-même si bizarre) "Merci!" avec la même chanson dans la voix. Mali aussi le trouve un peu biz, mais bon, on a l'habitude alors on se dit rien, on se regarde juste. Bizarre qu'il était là à marcher juste pour marcher dans le couloir.
Retour de l'école, douche, café. Toc toc toc à la porte, je ne suis presque pas surprise, je l'attendais presque.
-"Bonjour, auriez vous un peu de poivre?" ...........
-"Euh, j'ai juste du poivre en grains..."
-"c'est pas grave" (y s'en câlisse de son poivre!)
-"Bon, un instant..." Sourire, je referme la porte. Je vais chercher du poivre, en roulant les yeux quand même un peu. Je reviens, lui donne mon ti ziploc de poivre.
-"Merci, c'est ton fils que j'ai vu?"
-"Oui."
-"il est beau, c'est bien"
-"ben oui, merci."
-"j'te dérange, hein?"
-"ben, ouin, j'travaille..."
-"Euh, t'é tu célibatèyre?"
-"NON."(oh fuck!)
-"Dommage, ben merci....."
-"De rien! héhé...."
Barré la porte.
Y parlait pas fort, je pense que je l'ai fait répéter tout ce qu'il m'a dit.
Pauv' ti gars.
C'est comme dans les films ou à tévé. On voit qu'il a toujours ben appris ça. Ça aurait pu marcher. Mais bon. C'pas parce que j'ai une chanson dans la voix que j'ai une chanson dans le cerveau!!!
Genre.
Look at all those lonely people, pareil.
Ça m'a quand-même fait de quoi.
Mais j'aime mieux mon autre voisin de pallier. Le beau samaritain qui m'a aidé à trimballer ma chaise de bureau l'autre soir, de mon auto jusqu'à ma porte. Lui yé fin. Je suis allée lui emprunter un ouvre-boîte l'autre soir. Comme à tévé.
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