Dimanche, en revenant d'un fort joli vikenne à la campagne, bref mais court, comme dirait l'autre, j'avais le cerveau sur le neutre dans l'auto, et Fiston aussi. Une heure et demie de roulage à se mettre sous la dent. Comme j'aime pas chercher un disque dans mon fouillis de boite à disques pus dans leurs pochettes, j'ai mis le premier qui m'est tombé sous la main. La plupart du temps je choisis plus que ça, mais là, pas.
Jean Leloup, La Vallée des Réputations. Tiens donc, ça faisait un sacré bail. Je me suis félicitée dès les premiers glings glings. De la musique de char par excellence. Surtout ce disque-là. La preuve, une toune toute rayée qui joue en hoquetant. Dommage.
Quand je suis tombée sur "Je suis parti", j'ai pensé à ma cousine. Paysage familier et connaître les routes par coeur aidant, je me suis permis un petit retour en arrière.
Je me souviens de ce jour de l'an ....2006, je pense ?
On avait, ma cousine symbiotique et moi, respectueusement et respectivement quittés nos chums, laissant 10 ans et des poussières de vies communes derrière nous. Pas en même temps mais presque. Les maisons, le stock et toute la bastringue, partie de ma famille, partie de sa "famille". C'était tout frais tout frais.
On ne l'avait pas cherché, mais ce jour de l'an là, on s'était retrouvées toutes seules comme deux petites moutonnes noires pas fines. On s'en foutait, on était ensemble, c'est tout, comme dirait le livre que j'ai pas lu.
On avait mangé et bien bu, on avait dansé et fait péter les haut-parleurs au plus haut. On avait ri, parlé, déconné, fumé-bu, et dit les pires affaires qu'on aurait bin pu dire au sujet de nos (ex)chums. On était des GROSSES REBELLES.
On était dans la maison d'une autre Sophie, dans le désert de l'hiver, et on refaisait le monde, si peu, grisées par nos libertés.
Puis vint la chanson, la fameuse chanson - Je suis parti - Quand les mots d'une musique viennent mettre des mots sur nos vies, faut pas détourner l'oreille ni le coeur ! On s'était coulées dedans, on avait chanté, on l'avait mise sur répète ad vitam eternam.
À un moment, en pleine nuit, on a dit : Eille, on va prendre une marche ! Je me souviens encore que je ne marchais pus trop, rendue à cette heure là, mais go let's go, embarque dins bottes pis dans le manteau...Dehors, on n'a pas réussi à sortir de l'entrée qu'on pissait de rire d'entendre Jean Leloup très clairement à travers les murs de la maison ! Je sais pas si le système de son était doté d'un Double Super Bass Booster, mais crisse...la maison vibrait !
Ya pas à dire, vibrant, le Leloup...
Aujourd'hui, ma cousine est bien loin, dans les Saskatchewans, mais dimanche, dans l'auto, elle était à côté de moi et on riait en se remémorant ce jour de l'an épique, où on était seules au monde et fières de l'être !
et voici la version vivante de cette chanson gravée dans nos sillons - celle qui m'arrache le coeur, quand il dit : "...et la carcasse du chevreuil"-
la caméra est un peu pas mal fatigante avec ses flous artistiques et sa prise de vue boboche, mais bon.
Son profil est beau et sa voix me fait penser à celles des Gypsy Kings quand elle s'envole... dans le bon sens de la chose...!!
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